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Full text of "Synthèses de pharmacie et de chimie"

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ECOLE SUPÉRIEURE DE PHARMACIE DE PARIS. 

SYNTHÈSES 

DE 

PHARMACIE ET DE CHIMIE 

PRÉSENTÉES ET SOUTENUES A l’ÉCOLE SUPÉRIEURE DE PHARMACIE 

Le 20 mars 1869 


POUR OBTENIR LE TITRE DE PHARMACIEN DE PREMIÈRE CLASSE 


E. GUERIN. 



PARIS 

A. PARENT, IMPRIMEUR DE LÀ FACULTÉ DE MÉDECINE 

31, RUE MONSIEUR-LB-PRINCE, 31 


1869 


ÉCOLE SUPÉRIEURE DE PHARMACIE 


ADMINISTRATEURS. 

MM. Bussy, directeur; 

Ciiatin, professeur titulaire; 
Chevallier, professeur titulaire. 


PROFESSEUR HONORAIRE. 
M. Caventou. 


PROFESSEURS. 


PROFESSEURS DÉLÉGUÉS 


MM. BUSSY. Chimie inorganique. 

BERTHELOT. Chimie organique. 

LECANU. i , 

CHEVALLIER. [ Phai ~- 

CHATIN. Botanique. 

A. M1LNE EDWARDS. Zoologie. 

N. Toxicologie. 

BUJGNET. Physique. 

PLANCHON. Histoire naturelle 

des médicaments. 


FACULTÉ DE MÉDECINE 


MM. Bouciiardat. 
GaY ARRET. 


AGRÉGÉS. 


MM. Lutz. 

L. SOUBEIRAN. 
Riche. 

Bonis. 


MM. Grassi. 

Baudrimont. 
Du com. 


Nota.— L'Ecole ne prend sais sa responsabilité aucune des opinions émises pat les 
candidats 










PRÉPARATIONS 


CHIMIE. 

Limaille de fer porphyrisée. 

Fer réduit par l’hydrogène. 

Oxyde noir de fer. 

Perchlorure de fer liquide. 

Pyrophosphate de fer citro - ammo¬ 
niacal. 


PHARMACIE. 

| Extrait alcoolique de jusquiame 
! Extrait de semences de jusquiame. 
Teinture éthérée de jusquiame. 
Sirop de jusquiame. 

Emplâtre d’extrait de jusquiame. 




SYNTHESES 


DE PH1RMAEIE ET DE CHIMIE 


La decouverte du fer remonte aux temps les plus reculés. L’his¬ 
toire nous rapporte que Tubal-Caïn travaillait habilement le fer. 
Il vivait 4,000 ans avant Jésus-Christ. 

Les alchimistes donnèrent au fer le nom de Mars ; c’est, sans 
doute, parce que, à cette époque, on supposait qu’il existait cer¬ 
tains rapports entre les planètes et les métaux. 

Le fer est abondamment répandu dans la nature. 

C’est un corps simple, solide, métallique, il est d’un blanc d’ar¬ 
gent quand il est pur; il cristallise en cube ou en octaèdre. 

Le fer du commercé est d’un gris bleuâtre ; il est malléable et 
surtout ductile; on sait qu’il a été réduit en fils assez minces pour 
pouvoir en faire des perruques. 

Le fer est le plus tenace de tous les métaux; il jouit à un très- 
haut degré de la propriété magnétique. 

Le fer entre en fusion à 1500° du thermomètre à air; il possède 
une propriété qui permet aux arts d’en tirer un grand parti; il se 
ramollit à une température bien inférieure à son point de fusion, 
et dans cet état on peut lui donner, par le martelage, toutes les 
formes qu’exige l’industrie. Il se soude à lui-même sans l’intermé¬ 
diaire d’aucun autre métal, et la partie soudée est aussi solide que 

1869. — Gucrin. S 




— 6 

les aulrcs parties de la barre, et il est impossible de la distinguer. 

Ce métal est si facilement oxydable qu’il ne peut se trouver que 
bien rarement dans la terre à l’état métallique;' l’existence du fer 
métallique ne peut môme 11 ’êtrc qu’accidentelle et due, le plus sou¬ 
vent, à l’action des feux volcaniques; aussi on le trouve dans les 
laves de la montagne Graveneire (dans le Puy-de-Dôme), enveloppé 
de fer oxydé et dans un terrain évidemment volcanique ; on le ren¬ 
contre encore dans des filons près de Grenoble, et en Saxe. Il existe 
encore en masses considérables éparses à la surface du globe. Mais 
comme ces masses de fer se trouvent toujours isolées à la surface 
de la terre et jamais à son intérieur, on est porté à les considérer 
comme des aérolithes. 

On rcr.consre le fer combiné, avec diverses proportions d’oxygène 
(sesqui-oxyde, ou fer oligiste, oxide noir ou æthiops martial); avec 
l’acide phosphorique (fer phosphaté blanc, vert ou bleu, suivant 
l’état d’oxydation du fer); avec l’arsenic, (fer arsenialé cubique, fer 
sulfo arsénié); avec le soufre (proto-sulfure, nommé aussi pyrite 
magnétique ; fer bisulfuré cubique ou pyrite commune, pyrite 
jaune ; fer bisulfuré prismatique ou pyrite blanche (et encore avec 
un grand nombre de métaux ; avec l’oxygène cl un acide (sulfate de 
protoxyde de fer). 

Tous les composés du fer se rencontrent dans les terrains primi¬ 
tifs, intermédiaires ou de transition. 

Leurs nombreux cristaux dérivent presque tous des systèmes cu¬ 
bique, prismatique ou rhomboedrique. 

l.e persulfure de fer est un des composés du fer les plus abon¬ 
dants; il est très-brillant, d’une couleur jaunâtre, et nullement ma¬ 
gnétique. Chauffé dans des vases fermés, il perd environ 22 parties 
pour 100 de soufre et se fond; mais si on le chauffe fortement au 
contact de l’air ou du gaz oxygène, il absorbe l’oxygène et se trans¬ 
forme en acide sulfureux et en oxyde rouge de fer; 

Soumis à la température ordinaire, à l’action de l’air humide ou 
de l’oxygène, il se change en sulfate de fer ou couperose verte. 



7 


La couperose verte sert à préparer l’acide sulfurique de Nordhau- 
sen et donne pour résidu du tritoxyde de fer ou colcothar: 

2 (FeO, SO 3 ) = SO 2 4- SO 3 + Fc 2 O 3 . 

La couperose verte sert encore dans les arts à préparer l’encre, 
le bleu de Prusse, etc. 

Le protosulfure de fer est beaucoup moins abondant dans la 
nature que le persulfure; il est magnétique et indécomposable au 
feu. 

Le fer est plus ou moins attaquable par les acides. 

L’acide azotique affaibli oxyde le fer avec énergie en dégageant 
des vapeurs rutilantes : lorsque l’acide est concentré il ne l’attaque 
pas. 

L’acide sulfurique agit de deux manières sur le fer, selon son 
degré de concentration. 

Lorsqu’il est concentré et qu’on élève la température, il forme du 
sulfate de fer et de l’acide sulfureux, 

2(S0 3 ,H0) 4 - Fe =2lit) + FeO, SO 3 + SO 2 ; 

Lorsqu’il est étendu il décompose l’eau et dégage de l’hydrogène 
SO 3 , HO + Fc = FeO, SO 3 + H. 

L’acide chlorhydrique est le meilleur dissolvant du fer; qu’il soit 
à l’état gazeux ou étendu d’eau, il produit toujours avec le fer du 
protochlorure de fer. 

Fc 4-HCL—FcCL + H. 

Le fer pur tenu sous l’eau privée d’air n’éprouve aucune altéra¬ 
tion : si l'eau contient de l’air, il se forme de l’oxyde rouge brun. 

On peut encore préserver le fer de l'oxydation en le maintenant 
plongé dans de l’eau qui contient des alcalis ou des sels alcalins en 
dissolution. Le fer recouvert de zinc est préservé de la rouille; ou 
donne à ce fer le nom de 1er galvanisé. 

Si l’on fait passer de la vapeur d’eau à travers du fer chauffé au 





rouge clans un tube en porcelaine, il se forme de l’oxyde noir 
(oxyde magnétique) et il se dégage de l’hydrogcne : 

3Fc + 4HO =Fc 3 0 4 + H 4 . 

C’est le meilleur procédé pour obtenir de l’hydrogène bien pur. 

Lorsqu’on laisse le fer et l’eau en contact avec l’air, à la tempé¬ 
rature ordinaire, l’oxyde qui se forme se dissout dans l’acide car¬ 
bonique, surtout si l’on a soin de renouveler l’air, de sorte que 
l’eau tient du carbonate de fer en dissolution. 

L’eau ferrugineuse se prépare ainsi, en faisant digérer des vieux 
clous dans l’eau exposée au contact de l’air. 

EXTRACTION DU FER. 

On donne le nom de minerai de fer à toute substance contenant 
du fer. 

Les minerais exploités généralement sont : 

L’oxyde de fer magnétique; 

Le peroxyde de*fer anhydre (fer oligistc). 

Le peroxyde de fer hydraté ; 

Le carbonate de protoxyde de fer. (Fer spathique). 

Il existe deux procédés d’extraction du fer: La méthode catalane 
et la méthode des hauts-fourneaux. 

La méthode catalane est la plus simple ; elle donne immédiate¬ 
ment du fer, sans passer par la fonte. 

On réduit toujours le minerai de fer par le charbon. 

Dans la méthode catalane, cette réduction se fait en chauffant le 
minerai au contact du charbon, sans ajouter de fondant ; la gangue 
se combine avec une partie de l’oxyde de fer et forme un silicate de 
fer fusible qui constitue les scories; on perd ainsi une grande 
quantité d’oxyde de fer; 100 parties déminerai donnent en moyenne 
33 parties de fer métallique. 

Ce procédé ne peut être appliqué qua des minerais très-riches; 



- 9 - 

car on perd d’autant plus de fer que le minerai contient plus de 
gangue. 

Dans le traitement du minerai de fer par la méthode des hauts- 
fourneaux, on ajoute une base qui puisse rendre la gangue fusible ; 
cette base est la chaux. Il se forme ainsi un silicate double d’alu¬ 
mine et de chaux, beaucoup moins fusible que le silicate d’alumine 
et de fer; aussi cst*on obligé d’employer une température très- 
élevée. Le fer se combine à une petite quantité de carbone, passe à 
l’état de fonte et devient complètement liquide. 

La fonte est donc une combinaison de fer avec une certaine quan¬ 
tité de carbone et quelques corps étrangers, tels que le silicium, le 
manganèse, le phosphore, qui exercent une grande influence sur 
scs propriétés. Les fontes se divisent en trois espèces: La fonte 
noire, la fonte grise, la fonte blanche. On donne le nom d’a¬ 
cier à un carbure de fer contenant des traces de silicium et 
de phosphore et dans lequel la proportion de carbone ne dépasse 
jamais un centième. Si le fer offre le plus grand intérêt sous le 
rapport industriel, il n’est pas moins intéressant sous le rapport 
médical. 

Le fer ne se trouve pas seulement à l’état de minerai dans la na¬ 
ture. On le rencontre encore dans les végétaux, dans les animaux, 
et particulièrement dans le sang. 

Le sang d’un seul invividu contiendrait, d’après certains chi¬ 
mistes, assez de fer pour pouvoir en faire une médaille. 

Le fer fait, depuis longtemps, partie de la matière médicale; mais 
à aucune époque il ne fut aussi en vogue qu’aujourd’hui; c’est que 
tous les praticiens ont reconnu qu’il jouit, ainsi que scs composés 
chimiques, de propriétés positives et extrêmement précieuses. 

On l’emploie comme tonique dans les affections du système lym¬ 
phatique. Le fer peut être considéré comme le meilleur spécifique 
de la chlorose; les préparations ferrugineuses ne sont pas moins 
précieuses dans l’anémie; elles sont employées avec succès dans la 
blennorrhagie chronique. 



— 10 - 

Le fer métallique porphyrisé est une des meilleures préparations 
ferrugineuses; ingéré dans l’estomac, il subit une action chimique 
sous l’influence des liquides contenus dans cet organe; il est d’a¬ 
bord oxydé, puis salifié. 

Le fer réduit par l’hydrogène est peut-être la meilleure des pré¬ 
parations ferrugineuses. 

C’est un médicament actif et dépourvu de cette saveur d’encre si 
désagréable que possèdent toutes les péparations de fer solubles; il 
conserve son insolubilité tant qu’il se trouve en contact avec la mu¬ 
queuse de la bouche dont la réaction est alcaline; mais arrivé dans 
l’estomac il y rencontre les acides du suc gastrique qui le dissolvent 
avec facilité, grâce à sa grande division ; ces deux qualités devraient 
le faire préférera toutes les autres préparations ferrugineuses. 

L’introduction dans la thérapeutique du fer réduit par l’hydro¬ 
gène est due à MM. Miquelardet Qucvennc. 

La préparation du fer réduit par l’hydrogène est une opération 
qui demande les plus grands soins; pour le préparer on doit don¬ 
ner la préférence à l’oxyde obtenu par la précipitation du perchlo- 
rurc de fer par l’ammoniaque, à cause de sa grande division. 

L’hydrogène doit être parfaitement pur et sec; on doit préférer 
pour cette opération celui que l’on obtient en faisant passer de la 
vapeur d’eau sur du fer chauffé au rouge; mais la réussite dans l’o¬ 
pération dépend surtout de la température. Si l’on ne chauffe pas 
assez, la réduction ne s’opère pas; si l’on chauffe trop, le fer est 
réduit, mais il s’agglutine et ne remplit plus le but qu’on se pro¬ 
posait. 

Le fer réduit par l’hydrogène, bien préparé, est en poudre line, 
impalpable, léger, d’un gris d’ardoise, et fortement atlirable à l’ai¬ 
mant. 

Au contact des acides, il ne doit point développer d’odeur d’hy¬ 
drogène sulfuré; il se dissout dans l’acide chlorhydrique avec dé¬ 
gagement d’hydrogène qui doit être complètement inodore. 

Les chlorures de fer sont aussi de bonnes préparations. Le per- 



— il - 

chlorure, en solution, surtout, est très-employé aujourd’hui comme 
un puissant hémostatique, à l’intérieur comme à l’extérieur. 

Le scsqui-oxyde de fer-hydraté humide (hydrate de peroxyde de 
gélatineux) est après la magnésie le meilleur contre-poison de l’ar¬ 
senic. On doit le conserver dans des flacons bien bouchés et à une 
température de 15° environ. 

L’ælhiops martial (oxyde noir de fer), le lactate de fer, le citrate 
de fer, le lartratc de potasse et de fer, le phosphate de fer, le pyro- 
phosphate de fer citro-ammoniacal, et une foule d’autres prépara¬ 
tions forment un précieux arsenal où le médecin peut choisir les 
instruments qu’il juge les plus convenables pour lutter avec avan¬ 
tage contre les affections qu’il a à combattre. 

Le fer métallique et son composé le cyanoferrure de potassium 
sont deux des réactifs les plus sûrs des sels de cuivre. 

Une lame de fer poli plongée dans une dissolution contenant du 
cuivre se recouvre d’une couche de ce métal que l’on reconnaît à 
sa couleur rouge. 

Le cyanoferrure de potassium donne avec les sels de cuivre un 
précipité rouge brun, marron. 

Les perscls de fer sont aussi de précieux réactifs pour découvrir 
la présence des sels de morphine avec lesquels ils donnent une co¬ 
loration bleue. 

LIMAILLE DE FER PORPHYRISÉE. 

Limatura ferri supra porpliyriten lævigata. 

Limaille de fer préparée. 500 grammes. 

Porphyriscz-la par petites parties et à sec, jusqu’à ce qu’elle soit 
réduite en poudre très-fine. 

La limaille ainsi porphyrisécaperdu en très-grande partie l’éclat 
métallique et pris une apparence terne. 

Elle est soluble avec effervescence dans les acides, et elle doit 
être garantie, avec soin, du contact de l’air humide. 




— 12 


FER RÉDUIT PAR I.’hYDROGÊNE. 

Ferrum ope hydrogenii paratum. 

Peroxyde de fer hydraté. . . 100 grammes. 

Prenez cet oxyde tel qu’il est obtenu par l’action de l'ammo¬ 
niaque sur le pcrchlorurc de fer; desséchcz-le complètement et in- 
troduiscz-Ie dans un tube de porcelaine ou dans un canon de fusil 
communiquant, par l’une de ses extrémités, avec une source d’hy¬ 
drogène pur et sec, et par l’autre avec un tube de verre simplement 
effilé. 

Le tube de porcelaine étant disposé horizontalement sur un four¬ 
neau, faites passer l’hydrogène sous forme d’un courant lent et ré¬ 
gulier, et quand l’air sera complètement expulsé, chauffez graduel¬ 
lement l’appareil jusqu’à la température du rouge obscur. 

Le peroxyde de fer sera décomposé et ramené à l’état métallique ; 
il y aura en même temps production d’eau qui s’échappera en va¬ 
peur par la partie effilée du tube de verre. 

Il est important que l’hydrogène soit absolument, exempt d’hydro¬ 
gène sulfuré ou d’acide sulfureux, car le soufre de ces produits, sc 
fixant sur le fer, donnerait du sulfure noir. 

Il est essentiel aussi de bien régler la température. 

Si la réduction avait lieu au-dessus du rouge obscur, le produit 
obtenu serait noir et pyrophorique; si elle s’opérait au rouge vif, 
les particules de fer s’agglutineraient et le produit obtenu n’aurait 
point le degré de finesse et de division que l’on recherche pour 
l’emploi médical. 

On reconnaît que l’opération est terminée quand la vapeur d’eau 
cesse de sc dégager à l’extrémité de l’appareil. 

On retire alors le feu; on laisse refroidir le fer au milieu d’un 
courant d’hydrogène, et, après l’avoir retiré du tube, on le passe 
sur uu porphyre. 



— i;> — 

Le fer réduit par l’hydrogène forme une poudre fine, d’un gris de 
fer, fortement altirablc à l’aimant. 

Il se dissout dans l’acide chlorhydrique en dégageant de l’hydro¬ 
gène qui doit être complètement inodore. 

La solution de protochlorure de fer ainsi obtenue, traitée par le 
cyanure jaune de potassium, donne un précipité qui est entièrement 
blanc et qui ne devient bleu qu’au contact de l’air. 

OXYDE NOIR DE FER. 

ÆTHIOPS MARTIAL. 

Oxijdum ferroso- ferricum. 

Limaille de fer pure et fine. 1000 gr. 

Placez la limaille dans une terrine de grès, ajoutez-y assez 
d’eau pour qu’elle soit parfaitement et uniformément humectée, 
sans cependant que le liquide puisse couler quand on incline la 
terrine ; tassez un peu le mélange et abandonnez-lc à l’action de 
l’air, la masse ne tardera pas à s’échauffer. Remucz--!a alors avec 
une spatule pour multiplier scs points de contact avec l’air; ajou¬ 
tez de l’eau pour remplacer celle qui s’évapore, de manière à main¬ 
tenir la matière constamment humide. 

Cette opération est accompagnée d’une production de chaleur 
qui, lorsqu’on opère sur des quantités considérables, élève la tem¬ 
pérature de la masse jusqu’à 60" et quelquefois 70°; il se dégage 
eu même temps une certaine quantité d’hydrogène et un peu d’am¬ 
moniaque. Au bout de deux ou trois jours, la limaille sera entiè¬ 
rement refroidie, et l’oxydation s’arrêtera. 

Mettez alors le produit dans un mortier de fer; triturez le forte- » 
ment afin de séparer l’oxyde du fer non attaqué; jclez-lc ensuite 
sur un tamis de crin serré, et lavez le tout à grande eau jusqu’à ce 
que le liquide cesse de passer coloré en noir. 




14 

La limaille non oxydce restera en grande partie sur le tamis, 
l’oxvde sera entraîné par l’eau ; on décantera celle-ci avec rapidité 
après l’avoir agitée ; on enlèvera ainsi, par décantation, tout 
l’oxyde qu’elle contient; les portions les plus lourdes qui restent 
au fond du vase et qui peuvent contenir des parcelles de fer, seront 
remises avec la limaille; l’oxyde sera jeté sur une toile serrée, 
égouté et mis à la presse ; on le desséchera rapidement en le 
tenant renfermé dans des feuilles de papier Joseph, afin d’éviter 
l’oxydation que l’air lui fait éprouver tant qu’il n’est pas parfaite¬ 
ment sec. 

Lorsque la température est peu élevée, comme en hiver, ou que 
l’opération se fait trop lentement, an favorise la réaction en plaçant 
le vase qui contient la limaille dans une étuve à 30° environ, ou 
en employant, au lieu d’une terrine, un mortier de fer préalablement 
échauffé. 

L’æthiops martial doit être d’une couleur noire foncée, veloutée, 
sans mélange de rouge, attirablc à l’aimant, et entièrement soluble, 
sans effervescence, dans l’acide chlorhydrique. 


PERCIILORURE DE FER LIQUIDE. 

SOLUTION OFFICINALE DE PERCIILORURE DE FER 

Chloruretum ferricum aqua solutum. 


Tournure de fer. 500 gr. 

Acide chlorhydrique à 1,17. 1000 


Etendez l’acide de trois fois son poids d'eau et versez-Ic sur la 
tournure de fer. Agitez de temps à autre, de manière à renouveler 
les surfaces de contact entre le métal et le liquide ; lorsque la solu¬ 
tion, en présence d’un excès de tournure, ne donne plus lieu à 
aucun dégagement de gaz, le fer dissous est tout entier à l’état de 
protochlorure. 





- 15 — 

Essayez ia densité de la solution de protochlorure de fer, et ra- 
mcncz-Ia au degré densimétrique, 1,10. 

Laissez reposer pendant quelque temps cette solution de proto- 
chlorure de fer; dès qu’elle est éclaircie, introduisez-la dans une 
série de flacons d’un appareil de Woulf disposé pour recevoir un 
dégagement de chlore ; ce gaz sera successivement absorbé par le 
contenu des flacons. 

La durée du courant'du gaz doit varier selon la quantité de dis¬ 
solution sur laquelle on agit; l’opération est assez longue, mais elle 
va pour ainsi dire seule et sans surveillance. 

On reconnaît que le fer de chaque flacon est complètement per- 
chloruré en essayant la solution au moyen du cyanure ferrico- 
potassique qui ne doit plus donner trace de bleu de Prusse. 

Lorsque le fer est entièrement à l’état de perchlorure, la solution 
est versée dans une capsule de porcelaine que l’on chauffe au bain- 
marie à une température qui ne doit pas dépasser 50° centigrades ; 
on agite vivement le liquide tant qu’il y a le moindre dégagement 
de chlore. 

En général, la solution de perchlorure de fer ainsi obtenue mar¬ 
que plus de 1,26 au densimètre (30° Baume) ; on la ramène à cette 
densité par l’addition d’une suffisante quantité d’eau distillée ; sa 
composition est alors représentée en centièmes par 


Perchlorure de fer anhydre. 20 gr. 

Eau. 74 


Pour arriver à obtenir rapidement des solutions à des degrés de 
concentration inférieurs, on peut se servir des indications sui¬ 
vantes : 


Solution officinale 

Eau distillée 

donnent 

Solution marquant 

20 grammes. 

5 grammes. 

1,2 J au 

densimètre (25° Banmé). 

20 — 

16 — 

1,16 

(20“ - 

20 — 

20 — 

1,11 


20 — 

40 - 

1,07 

(io° - 





PYROPHOSPHATE DE FER CITRO-AMMONIACAL 


Pyrophosphas far riens cum citrate ammonico. 


Perchlorure de fer liquide. 156 gr. 

Pyrophosphalc de soude cristallisé. 84 

Acide citrique. 26 

Ammoniaque.. Q. S. 


Faites dissoudre le pyrophosphatc de soude dans la quantité d'eau 
nécessaire et versez peu à peu cette solution dans le perchlorure 
de fer préalablement étendu d’eau. 

Lavez le pyrophosphatc insoluble qui provient de la réaction. 

D’autre part, faites dissoudre l’acide citrique dans une petite 
quantité d’eau, et ajoutez-y assez d’ammoniaque pour former un 
citrate avec excès d’alcali. Versez le pyrophosphate de fer dans ce 
liquide; il s’y dissoudra en donnant une liqueur jaunâtre. Coneen- 
Irez celle-ci par évaporation à une douce chaleur, jusqu’à ce quelle 
ait acquis une consistance sirupeuse ; étcndcz-la ensuite sur des 
assiettes ou sur des lames de verre avec un pinceau et achevez la 
dessiccation à l’étuve. 

Le sel obtenu est le pyrophosphatc de fer cilro-animoniacal. Il se 
présente sous la forme d’écaillcs d’un brun jaunâtre, solubles dans 
l’eau, presque insipides, et contenant 18 pour 100 environ de leur 
poids de fer. 







17 — 


EXTRAIT ALCOOLIQUE DE JUSQUIAME 

(Extractum hyosciami alcoole paratum.) 


Feuilles sèches de jusquiamc. 1000 gr. 

Alcool à 60°. 6000 


Pulvérisez les feuilles de jusquiamc et introduisez la poudre 
dans un appareil à déplacement. Versez sur cette poudre, modéré¬ 
ment tassée, la quantité d’alçpol nécessaire pour qu’elle en soit pé¬ 
nétrée dans toutes ses parties ; fermez alors l’appareil et laissez les 
deux substances en contact pendant 12 heures. 

Au bout de ce temps rendez l’écoulement libre, et faites passer 
successivement sur la jusquiamc la totalité de l’alcool prescrit. 

Distillez la liqueur alcoolique pour en retirer toute la partie 
spiritucusc et concentrez, au bain-marie, en consistance d’extrait 
mou. 

EXTRAIT DE SEMENCES DE JUSQUIAME 

(Extractum seminum hyosciami alcoole paratum .) 


Semences de jusquiamc. 1000 gr. 

Alcool à 60°. 6000 


Réduisez les semences en poudre grossière ; faites-lcs digérer à 
une douce chaleur, pendant quelques heures, dans la moitié de 
l’alcool : passez avec expression. 

Faites digérer le marc dans la seconde moitié de l’alcool ; passez 
et filtrez les liqueurs réunies. 

Retirez par distillation toute la partie spiritucusc ; concentrez le 
résidu au bain-marie. 







— 18 — 

Faites dissoudre le produit dans quatre fois son poids d’eau dis¬ 
tillée froide; filtrez et évaporez au bain-marie jusqu’en consistance 
ferme. 

TEINTURE ÉTHËRÉE DE JUSQUIAME 

Tinclura ætherea de foliis hyosciami. 


Poudre de feuilles sèches de Jusquiame. . . . 100 gr. 

Ether alcoolisé à 0,76. 500 


Traitez la poudre de jusquiame par l’éther dans un appareil à 
déplacement ; renfermez le produit dans un flacon bien bouché. 

SIROP DE JUSQUIAME 

Syrupus de hyosciamo 


Teinture de jusquiame. 0075 gr. 

Sirop de sucre. 1000 


Prenez 100 gr. de sirop de sucre, portez-lcs à l’ébullition ; 
ajoutez la teinture. Continuez de faire bouillir jusqu’à ce que le 
sirop soit ramené au poids de 100 gr. ; mélangez avec le reste du 
sirop de sucre. 

5 gramm. : (une cuillerée à café) de ce sirop correspondent 
à 0 gr. 37 cent, de teinture de jusquiame, ou à 0 gr. 012 milligr. 
d’extrait alcoolique. 


EMPLATRE D’EXTRAIT DE JUSQUIAME 

Emplastrum cum extracto hyosciami. 


Extrait alcoolique de jusquiame. 90 gr. 

Résine élémi purifiée. 20 

Cire blanche. 10 









— 19 — 

Faites fondre la résine et la cire à une douce chaleur et ajoutez 
l’extrait de jusquiamc. 


Vu, Bon à. imprimer, 

Le Directeur de l’Ecole de pharmacie. 

BUSSY. 

Vu et permis il imprimer. 
Le Vice-Recteur de l’Académie de Paris, 
A. MOURIER. 



A. Parent .imprimeur do la Faculté de Médecine, rue MMo-Prince, 31.